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Les centres de pouvoir politique dans l'Oberrhein vers 1350 et vers 1400

Notice de la carte

L’hétérogénéité territoriale caractérise la région de l’Oberrhein à la fin du Moyen Âge. De part et d’autre du Rhin, les ducs d’Autriche au sud, les évêques de Strasbourg au nord, possédaient de vastes systèmes complexes de possessions. Une série de plus ou moins grands princes et seigneurs comme les margraves de Bade et Hachberg, les sires de Ribeaupierre, Lichtenberg et Geroldseck mais aussi des familles de petite noblesse comme les Fleckenstein, détenaient de nombreux territoires en Alsace, dans l’Ortenau et le Brisgau. Les villes libres de Strasbourg et de Bâle manifestaient également le plus grand intérêt pour l’acquisition de biens seigneuriaux dans le but d’accroître ainsi leur puissance politique et économique. Les villes d’Empire situées en Alsace, dans le Brisgau et l’Ortenau, ne pouvaient pas toutes atteindre le même degré d’indépendance dans le jeu des forces politiques de la région ; les villes d’Empire de la rive droite du Rhin elles-mêmes, Offenburg, Gengenbach et Zell, tout comme Breisach et Neuenburg, se trouvaient engagées de façon durable à des princes territoriaux plus importants.

Ces cartes proposent une vue d’ensemble des possessions des plus importants seigneurs de l’Oberrhein au milieu et à la fin du XIVe siècle. Sont représentés les centres de pouvoirs territoriaux - villes et sièges administratifs mentionnés dans diverses sources documentaires – d’origine et de qualité juridique variées – (prévôtés, alleux, fiefs, mises en gage) à l’exception de ceux qui étaient soustraits, sur la longue durée, à la domination de certains princes territoriaux par inféodation ou engagement, comme les possessions autrichiennes dans le val de Villé, qui étaient encore présentes dans le terrier Habsbourg de 1303. On a aussi renoncé à faire apparaître les différentiations plus poussées en ce qui concerne les partages de seigneuries et d’héritages entre les diverses branches d’une famille même s’ils eurent pour résultat la mise en place d’ensembles seigneuriaux autonomes sur la longue durée. N’ont pas été retenues les familles de moyenne et basse noblesse qui, disposant d’une base territoriale réduite, avaient pourtant pu acquérir au service de l’Empire ou des duc d’Autriche, pouvoir et influence dans la région, comme par exemple les sires d’Ochsenstein. En raison des aliénations temporaires sous forme d’engagement, les possessions disponibles de territoires pour chaque principauté variaient considérablement. C’est ainsi que par exemple, la forteresse d’Istein, tête de pont de l’évêque de Bâle sur la rive droite du Rhin, passa au milieu des années 1380 dans les mains des ducs d’Autriche. Cependant, ceux-ci la donnèrent en gage peu après..À cette époque, l’évêque autorisa les bourgeois de Bâle à racheter la ville d’Olten, relevant de l’évêché mais qui était détenue en gage par les ducs ; mais ces derniers purent conserver leur domination sur Olten pendant encore vingt ans. Souvent les engagistes se réservaient les droits d’usage comme l’ouverture de places fortifiées en cas de conflits ou la mise à disposition des vassaux liés au bien mis en gage, comme dans le cas de Rougemont, qui demeura, en gage, pendant un demi-siècle dans les mains des comtes de Habsbourg. Ce processus d’aliénation des biens seigneuriaux s’intensifia de plus en plus à la fin du XIVe siècle. De ce phénomène, Strasbourg et Bâle ne furent pas les dernières à tirer profit en faisant tomber en leur possession les villes et châteaux des princes territoriaux des environs, surtout les évêques de Strasbourg et de Bâle. C’est ainsi que la ville de Bâle acquit les villes et forteresses de Petit-Bâle (1386), Liestal, Waldenburg et Homberg (1400) puis Olten (1407), jusqu’alors détenues par l’évêché, tandis que la ville de Strasbourg prit même part, de 1406 à 1417, à l’administration des possessions, perclues de dettes, de l’évêché de Strasbourg. Mais le processus de concentration de possessions territoriales qu’on observe au cours de la seconde moitié du XIVe siècle n’est pas seulement la conséquence d’une politique consciente d’acquisition de seigneuries engagées. Après la mort du dernier seigneur d’Üsenberg, les ducs d’Autriche revendiquèrent les villes et forteresses d’Endingen, Kenzingen et Kürnberg dans le Brisgau, comme fiefs tombés en déshérence, et ils s’emparèrent également de Fribourg en 1368, après que la ville avait acheté sa liberté de son seigneur précédent, le comte de Fribourg. Ces derniers ne purent compenser cette perte du centre de leur domination territoriale, même s’ils acquirent la seigneurie de Badenweiler, d’autant que les forteresses de Lichteneck et Nimburg étaient tombées par héritage en ligne féminine dans l’escarcelle des comtes de Tübingen. Finalement, croulant sous les dettes, les comtes de Fribourg durent céder Badenweiler aux ducs d’Autriche en 1398/1399. Cependant, parallèlement à la disparition de certains acteurs territoriaux, de nouvelles forces apparurent dans l’Oberrhein, au moins de manière provisoire, comme le noble souabe Hans von Lupfen, vassal des ducs d’Autriche. À la suite de son mariage avec une Ribeaupierre et parce qu’il reçut les châteaux du Hohnack et du Hohlandsbourg, mit un pied en Alsace.

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Bettina Fürderer, 2010