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Fondations des hôpitaux dans l’espace alsacien au Moyen Âge

Notice de la carte

L’hôpital médiéval (maisons-Dieu, hôtels-Dieu, Spital, « lieu d’accueildes pèlerins, pauvres et autres errants ») correspond à un phénomène urbain lié aux devoirs chrétiens d’hospitalité et de réconfort des plus démunis ou des vagabonds, les soins de l’âme primant sur ceux du corps. Pas ou peu de médecins mais des confréries hospitalières et des laïcs, assurent le quotidien de l’hébergement (temporaire ou définitif), de l’alimentation et de l’hygiène. Les soins prodigués reposent sur l’utilisation des herbes médicinales du jardin ou des épices curatives vendues par les marchands. Aux premiers « hôpitaux » à l’ombre des cathédrales succèdent les établissements fondés par les souverains, les patriciens ou les établissements religieux. Mais les villes elles-mêmes constituent, dès leur essor (cause ou conséquence ?), des fondateurs particuliers puisque l’hôpital peut être considéré comme un marqueur d’urbanité. La présence d’un « hôpital », quelle que soit sa forme juridique, complète donc l’analyse du maillage serré des villes alsaciennes.

Dans sa thèse d’habilitation, le professeur Michel Pauly, de l’université de Luxembourg, a analysé le rôle central que joue l’hôpital dans la société et l’économie urbaines tout comme dans la vie spirituelle et intellectuelle, stimulant le processus d’émancipation ou fruit de la maturité politique de la ville. Son enquête englobe l’espace entre Meuse et Rhin, d’Aix-la-Chapelle à Mulhouse. Les données concernant l’Alsace ont été extraites de plusieurs cartes de Michel Pauly, avec son accord immédiat, ce dont nous le remercions vivement. L’étude fait apparaître que l’hôpital type en Alsace est fondé au XIVe siècle, dans une ville d’Empire, géré par la ville elle-même et situé au centre de la cité ; la comparaison avec les pays de Meuse et de Moselle révèle l’originalité de l’Alsace.

Les sources permettant de repérer les hôpitaux médiévaux exigent compétence, patience et sens critique et pour les villes alsaciennes, la collaboration avec les spécialistes que sont Elisabeth Clementz et Bernhard Metz confirme la solidité des résultats. Les hôpitaux se manifestent souvent, et surtout, dans les petites villes, de façon aléatoire et indirecte. Peu de comptes ou de règlements sont conservés tels quels. Pour les dates de première mention de ces hôpitaux dans les archives (retenues pour les cartes), la prudence s’impose : date de la décision de fondation ? date d’un acte portant fondation ? début de la construction ? bénédiction de l’autel de la chapelle de l’hôpital ? mention-surprise dans les archives d’un chapelain, d’un trésorier de l’hôpital ? Le processus de fondation de tels établissements peut s’échelonner dans le temps long par la transformation d’une léproserie, d’un hébergement pour les pauvres ou institution d’accueil avant que n’apparaisse le terme de Spital prenant le relais ou remplaçant le premier établissement disparu.

Trois vagues de fondations dont la chronologie a été établie par Michel Pauly en fonction des fondateurs et des missions de ces établissements, font l’objet dans cet atlas de cartes distinctes : avant 1179, de 1180 à 1349 (la grande peste), 1350-1500. Une carte regroupant les trois périodes permet d’apprécier la densité hospitalière de l’Alsace au Moyen Âge.

Bibliographie

PAULY Michel, Peregrinorum, pauperum ac aliorum traneuntium receptaculum. Hospitäler zwischen Maas und Rhein im Mittelalter, VSWG-Beihefte 190, Franz Steiner Verlag, Stuttgat, 2007.

 

Odile Kammerer, octobre 2011