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Les élections présidentielles de 2017 en Alsace

Caractéristiques

Auteur et institut Richard Kleinschmager, Université de Strasbourg
Périodes Époque contemporaine
Thèmes Élections et partis politiques
CartographeBenjamin Furst, CRESAT, UHA
EchelleAlsace
ProjectionLambert93
Date de création2017
Date de dernière modification2017
SourceCarte originale
Comment citer cette sourceRichard Kleinschmager, « Les élections présidentielles de 2017 en Alsace », in Atlas historique d'Alsace, www.atlas.historique.alsace.uha.fr, Université de Haute Alsace, 2017

Notice de la carte

1er tour

François Fillon

Le premier tour de l’élection présidentielle en Alsace a mis aux premiers rangs respectivement Marine Le Pen avec 25,7% des voix contre 21,9% au niveau national et François Fillon avec 221 732 électeurs soit 22,1% contre 19,9% sur la France entière. Ces résultats ont rappelé l’importance traditionnelle des droites dans la région. On ajoutant les voix de Nicolas Dupont-Aignan (6,8% contre 4,8% au plan national) et de François Asselineau (1,2% contre 0,9% au plan national) les droites totalisent 55, 8% des voix ce qui est toutefois inférieur aux deux tiers des voix qui sont généralement l’aune de leur importance dans la région. On peut en déduire qu’une fraction des électeurs alsaciens des droites a rejoint le vote Macron dés le premier tour. François Fillon marqué par les affaires a vu s’effriter les positions antérieures de sa formation dans la région. Au premier tour de la présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy avait capitalisé pas moins de 326 313 voix en Alsace soit 32,9% des suffrages. François Fillon a perdu 104 581 voix par rapport à Nicolas Sarkozy en 2012 soit une baisse de -32%.

La carte du vote Fillon présente quatre zones d’une relative homogénéité. Au nord une étroite bande de communes frontalières, vieux fiefs gaullistes, de Wissembourg (23,6% pour Fillon) à Lauterbourg (24%), une couronne à la périphérie nord de l’agglomération strasbourgeoise incluant une bonne partie du Kochersberg (30% de vote Fillon à Truchtersheim) à l’ouest, une bande centrale nord-sud qui joint le vignoble bas-rhinois (26% à Obernai) à son homologue haut-rhinois (24,2% à Kaysersberg Vignoble) et enfin une large poche de communes, du sud de Mulhouse à la frontière helvétique incluant une fraction importante du Sundgau qui a longtemps été un fief du gaullisme (23,4% des voix à Altkirch). À la frontière, à Saint-Louis, le vieux fief gaulliste de Jean Ueberschlag, François Fillon est arrivé en tête avec 23,5% des voix contre 22,3% pour Emmanuel Macron et 21% pour Marine Le Pen. Sur Strasbourg où il arrive en troisième position avec 19,8% des voix derrière Emmanuel Macron (27,7%) et Jean-Luc Mélenchon (24,3%), les quartiers du nord incluant notamment la Robertsau (30,7% de voix Fillon sur le canton 4) ainsi que le quartier de l’Esplanade (24,9% sur le canton 5) sont restés plus favorables au candidat des Républicains que ceux du sud (16,4% sur le canton 6) et du nord-ouest (11,8% sur le canton 3).

Aux diverses échelles géographiques, la forte baisse du total des voix des Républicains ne s’est pas accompagnée d’une modification substantielle de la structure du vote par rapport aux élections présidentielles antérieures.

Benoît Hamon

Le Parti Socialiste vainqueur en 2012 avec François Hollande a littéralement été laminé lors de cette élection. Son candidat, Benoît Hamon n’a récolté au niveau national que 6,3% des voix, ce qui l’a rapproché du plus mauvais score socialiste, les 5,0% des voix récoltés à la présidentielle de 1969 par Gaston Deferre. Ce résultat avait été le prélude à la fin de la SFIO. En Alsace, avec 50 647 voix dans la région soit 5,06% des suffrages, le Parti Socialiste et son candidat Benoît Hamon ont connu une véritable déroute en 2017. En 2012, au premier tour, François Hollande avait totalisé 191 282 voix soit 19,3% des suffrages en Alsace. Dans une région où la sensibilité social-démocrate notamment incarnée par l’importance du rocardisme, les déchirements internes du parti et notamment le mouvement des frondeurs dont Benoît Hamon a porté la flamme, sont sans nul doute à l’origine d’une sanction de l’électorat socialiste d’autant que certains grands élus du parti n’ont pas nettement désapprouvé la démarche de l’ancien ministre de l’économie de Manuel Valls, Emmanuel Macron.

 La géographie du vote à ces présidentielles de 2017 reste marquée par la prééminence des forts votes socialistes sur Strasbourg (9 944 voix ,9,4% des suffrages) et, à un moindre degré, Colmar (1914 voix, 6,5% des suffrages) et Mulhouse (2465 voix, 7,3% des suffrages). Les zones de la plus faible influence sont les cantons périphériques de l’extrême nord-ouest de la région, Reichshoffen et Ingwiller où le candidat ne dépasse pas les 3,3% des voix ainsi que les cantons de l’extrême-sud, Masevaux, Saint-Louis, Altkirch et Brunstatt où il reste inférieur à 4%. Une vaste zone centrale de Haguenau à Wittenheim contient l’essentiel du vote moyen de 6,9% à 4%. Les cantons péri-strasbourgeois, Hoenheim (5,5% des suffrages), Lingolsheim (4,9%) et Illkich-Graffenstaden (5,9%) tout comme ceux de Mutzig (4,8%), Sélestat (4,6%) Wintzenheim ( 4,1%) Guebwiller (5,1%), Kingersheim (4,8%) et Rixheim (4,7%) se rapprochent du haut de la fourchette. Ces zones ont pour une bonne part parti lié avec l’histoire industrielle et ouvrière de la région.

Marine Le Pen

Les 257 299 voix soit 25,7 % des suffrages récoltées par Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle 2017 contre 21,9% au niveau national ont permis au FN de renouer avec la première place aux présidentielles en Alsace. En 1995 déjà, Jean-Marie Le Pen avait défrayé la chronique politique en se plaçant en tête avec 25,4% des suffrages et 218 644 voix, score conforté en 2002 où il avait obtenu 23,4 % des suffrages et  192 583 voix. En 2012, Marine Le Pen était encore restée très en deçà de Nicolas Sarkozy qui avait réuni 326 313 voix soit 39,9% des suffrages contre 219 251 voix soit 22,1% à la candidate du Front National.

 Compte tenu de sa forte implantation dans de nombreuses communes rurales, la cartographie des 257 299 voix du vote Le Pen en Alsace génère visuellement l’impression qu’elle enserre l’espace régional dans ses périphéries. Elle est installée à la première place dans une très vaste zone homogène au nord de Strasbourg, de l’Alsace Bossue au Rhin. Une longue bande occidentale de forte intensité de ce vote, longe les Vosges et pénètre le Sundgau. Cette bande rejoint une bande orientale, d’Erstein à la Hardt et fait jonction avec la bande occidentale au nord de Mulhouse. La ville de Strasbourg (12,2% des suffrages) singulièrement à l’est sur les cantons 4 (8,4% des suffrages) et 5 (7,9% des suffrages) et la ville de Mulhouse (19,7% des suffrages) dans une moindre mesure, apparaissent aujourd’hui comme des lieux de relative résistance au vote le Pen. La cité du Bollwerk n’est plus le bastion du lepénisme qu’elle a pu être. Marine Le Pen obtient son meilleur score dans le canon 2 avec 22,3% des suffrages pour 20,3% dans le canton 1 et 20,2% dans le canton 3 qui comprend la commune d’Illzach. De même, les deux cantons colmariens ainsi que l’ouest de la métropole strasbourgeoise, de Bouxwiller à Obernai enregistrent une moindre influence du vote Le Pen. Par contraste, celui-ci fait de plus en plus figure de vote de périphérie socio-géographique, avec des scores élevés dans des cantons comme ceux de Cernay( 29,8% des suffrages), Masevaux (32%) , Mutzig (30,1%) et Sélestat (28,2%) et Wittenheim (35,8%). Dans le Bassin Potassique, dans la commune de Staffelfelden, Marine Le Pen, avec 40,4% des suffrages, a rassemblé quatre fois plus de voix que François Fillon qui n’obtient que 10,8% des voix, devancé par Emmanuel Macron (14,7%) et Jean-Luc Mélenchon (17,1%).

Si le vote du canton d’Ingwiller (35,1% des suffrages) confirme une permanence du vote lepéniste, plus étonnant apparait le score élevé de Marine le Pen sur le canton frontalier de Wissembourg (29,9% des suffrages) qui fait contraste avec la relative faiblesse de ses résultats dans le canton frontalier de Saint Louis (22,9%) proche de Bâle.

 La cartographie du vote en faveur de Marine Le Pen confirme son ancrage dans les zones périphériques où le déclassement social est souvent connecté aux difficultés économiques globales. Par rapport aux élections présidentielles où se présentait Jean-Marie Le Pen, la présence électorale du FN dans les quartiers autrefois déclassés des villes comme les quartiers du Port du Rhin à Strasbourg s’est érodée du fait des transformations urbaines et sociales de ces quartiers.

Emmanuel Macron

En Alsace, le premier tour de l’élection présidentielle s’est démarqué de la situation nationale en conférant la première place à Marine Le Pen avec 25,7% des suffrages (257 299 voix) suivie de François Fillon et ses 22,1% (221 732 voix). Emmanuel Macron n’ y arrive qu’en troisième position avec 21,27% (213 052 voix).

 Emmanuel Macron a obtenu ses meilleurs résultats sur Strasbourg où il totalise 27,7% des suffrages avec 29 278 voix. Il culmine dans le canton 5 (Esplanade, Conseil des Quinze, Orangerie, Port du Rhin) avec 31,7% des suffrages et dans le canton 4 (Robertsau, Kléber, Saint Jean) avec 31,0% des suffrages, recouvrant des zones d’influence à la fois du PS et des Républicains. La ville de Colmar s’est prononcée majoritairement en faveur d’Emmanuel Macron qui a récolté 23,5% des voix, suivi de François Fillon (22,2%) et Marine Le Pen (21,8%). La cité du Bollwerk a placé de très peu Emmanuel Macron en tête avec 22,8% des suffrages devant Jean-Luc Mélenchon avec 22,7 % soit un écart de 17 voix seulement. Le vote pour Emmanuel Macron est d ‘évidence en Alsace l’un des plus urbains, au sens large du terme. Plus étonnante est sa percée en tête dans des villes moyennes comme Dambach-la-Ville, Molsheim, Barr, Sélestat, Saverne ainsi que Wintzenheim et Andolsheim prés de Colmar. Ses résultats s’affaiblissent dans les périphéries nord et sud de la région.

 La structure géographique de son vote est globalement plus proche de celle de Benoît Hamon voire Jean-Luc Mélenchon que de celle des deux candidats majeurs de la droite, François Fillon et a fortiori Marine Le Pen.

Jean-Luc Mélanchon

À l’élection présidentielle de 2017, Jean-Luc Mélenchon a totalisé 148 232 voix soit 14,6% des suffrages. La progression de ce dernier a été notoire par rapport à 2012, avec un gain de 75 856 électeurs soit + 104%. Ni ses défiances vis à vis de l’Europe, ni son hostilité au maintien du Concordat en Alsace-Moselle n’ont entravé sa progression dans la région.

 Strasbourg est un des lieux de concentration de son électorat. Il y totalise 25 692 voix soit 24,3% des suffrages exprimés, ce qui le place en deuxième position derrière Emmanuel Macron (27,7%) et devant François Fillon (19,8%). Il a obtenu ses meilleurs résultats dans les quartiers populaires du canton 3 (Poteries, Hautepierre et Cronenbourg) avec plus de 33% des suffrages contre 23, 6% à Emmanuel Macron et à peine 12% à François Fillon. Par ailleurs, le candidat de la France Insoumise est arrivé en tête à Bischheim avec 23,2% des suffrages devant Emmanuel Macron (23, 1%) et à Schiltigheim avec 26,9% des voix contre 23,9% à Emmanuel Macron. Ces scores font contraste avec ceux d’autres petites villes du Bas-Rhin comme Obernai (13,8% des suffrages pour Mélenchon), Haguenau (13,2%), Molsheim (14,3%), Saverne (14,6%) ou Bischwiller (14,3%). Dans cette dernière, Marine Le Pen fait plus du double de voix avec 31, 4% des suffrages. Dans les trois cantons mulhousiens, ses résultats sont élevés avec 24,0% des suffrages dans le 1er canton,   26,7% dans le canton 2 et 18,2% dans le canton 3. L’extrémité nord de l’Alsace comme le sud échappe à son influence. Ses plus faibles scores cantonaux sont ceux de Wissembourg (9,5%), Reichshoffen (10,1%) et Bouxwiller (10,6%) dans le Bas-Rhin et, dans le Haut Rhin, ceux de Brunstatt (10,3%) et Altkirch (10,5%). La structure géographique de son vote reste conforme à celle de la gauche dans la région avec une concentration urbaine des voix et une faiblesse dans les zones périphériques même quand elles ont été marquées par des activités industrielles et leur corrélat social, une part importante d’ouvriers.

2d tour

Abstention

L’élection présidentielle est traditionnellement une de celles qui enregistrent l’abstention la plus faible. Au plan national, elle a été en 2017, de 22,2% des électeurs inscrits au premier tour et s’est accentué au second tour jusqu’ à 25,4% soit deux millions d’abstentionnistes de plus qu’au premier tour. Cette exceptionnelle abstention de deuxième tour, la plus forte depuis 1969, a été légèrement inférieure en Alsace avec 24,1% d’abstention contre 20,5% au premier tour. Au deuxième tour de 2012, l’abstention dans la région était restée limitée à 20,3%. L’abstention régionale est restée clairement inférieure au niveau national, ce qui n’a pas toujours été le cas.

 La cartographie de l’abstention au deuxième tour dans la région à l’échelle communale révèle une accentuation significative de l’abstention dans le sud de la région mais aussi dans les périphéries ouest du Bas-Rhin. Le département du Bas-Rhin s’est limité à 23,9% d’abstention tandis que le Haut-Rhin a enregistré 24,5% d’abstention. Il ne fait guère de doute que la position d’Unser Land qui avait totalisé pas moins de 12,6% des voix aux régionales de 2015 dans le Haut-Rhin et 10,1 %dans le Bas-Rhin n’ait eu un impact sur cette géographie de l’abstention. Au nom de son « attachement inconditionnel à la reconnaissance du peuple alsacien », Unser Land avait proclamé son opposition absolue à Marine Le Pen mais n’avait pas appelé à voter pour Emmanuel Macron. L’abstention la plus faible caractérise nettement une vaste zone strasbourgeoise et péri strasbourgeoise dont la forte participation se diffuse vers la zone frontalière septentrionale et à un moindre degré vers Sélestat et jusqu’à Colmar. Hormis la région mulhousienne, la plus faible abstention épouse assez logiquement les zones d’influence majorée du vote en faveur d’Emmanuel Macron. Les deux zones frontalières du nord et du sud s’opposent nettement, le nord étant faiblement abstentionniste à l’opposé du sud.

 Candidat arrivé en tête dans chaque commune

Si le deuxième tour a été marqué par la nette domination d’Emmanuel Macron, en Alsace davantage que dans le reste du pays, son résultat rend compte du placement singulier du vainqueur sur l’échiquier politique. Lors des trois élections qui ont porté un candidat de gauche à l’Élysée, François Mitterrand en 1981 et 1988, François Hollande en 2012, l ‘Alsace avait voté pour les candidats de droite à rebours du reste du pays. En 2017 en Alsace, le candidat d’ En Marche, non seulement l’emporte avec 534 536 voix soit 61% de suffrages mais enregistre une progression de 321 484 voix par rapport au premier tour soit un mieux de 150%. Dans le même temps, les gains de Marine Le Pen d’un tour à l’autre lui ont permis d’enregistrer le plus haut résultat jamais obtenu par sa formation en Alsace : 341 388 voix. Sa progression d’un tour à l’autre en 2017 a été de 119 656 voix soit un gain de +52%. Cette avancée fait contraste avec 2002 où Jean-Marie Le Pen avait totalisé 186 660 voix au deuxième tour, moins qu’au premier tour où il avait capitalisé 192 538 voix. En quinze années, le FN est devenu capable d’attirer à lui nombre d’électeurs qui ne lui ont pas fait confiance au premier tour. Au reflux d’un tour à l’autre s’est substituée une forte progression, nettement moins forte toutefois que celle d’Emmanuel Macron qui a agrégé nombre d’électeurs de droite et de gauche. La géographie des choix électoraux de ce second tour n’a pas détonné avec celle du premier tour. Le Bas-Rhin s’est prononcé à 63,1% pour Emmanuel Macron, 36,9% pour Marine Le Pen et le Haut-Rhin à 57,9% pour le premier et 42,0% pour la seconde.

 Dans le Bas-Rhin, seul le canton de Sarre-Union, un des fiefs historiques du vote pour le Front National avec 32% des voix pour Jean-Marie Le Pen dés 1995, a donné l’avantage au second tour à Marine Le Pen avec 51,2% des suffrages. Plus on s’approche de Strasbourg, plus les votes en faveur d’Emmanuel Macron s’accroissent. Une couronne périphérique de cantons –Wissembourg (56,3% pour Emmanuel Macron), Reichshoffen (50,3%), Haguenau (58,4%), Bischwiller (50,1%), Saverne (56,9%), Mutzig (54,9%) Sélestat (57%) et Erstein (55,6%), a accordé 57% des suffrages au maximum au vainqueur, tandis que la couronne de cantons ruraux proches de Strasbourg a dépassé les 60%. Dans les six cantons strasbourgeois, Emmanuel Macron a dépassé 70% des suffrages, du canton 6 (Meinau, Neuhof, Port du Rhin) avec 73,1% des suffrages au canton 5 (Université, Orangerie, Esplanade), bastion traditionnel de la gauche socialiste, avec 86,4% des suffrages.

 Dans le Haut-Rhin, la géographie de ce deuxième tour a été marquée par le surcroit de vote en faveur de Marine Le Pen. Elle s’est notamment exprimée par sa domination majoritaire dans trois cantons, Wittenheim (52,6%), Ensisheim (51,5%) et Masevaux (50,5%). La géographie du vote en faveur d’Emmanuel Macron a repris les mêmes tendances géographiques que dans le Bas-Rhin, mais à un niveau d’intensité moindre. Les trois cantons mulhousiens, Mulhouse 1 (69,9% pour Macron), Mulhouse 3 (69,1%) et Mulhouse 2 (67,7%), ont enregistré les meilleurs résultats du vainqueur dans le département. Saint-Louis (63,0%) à la frontière, Rixheim au nord de la ville (60,4%) et les deux cantons colmariens s’en sont rapprochés. Le canton de Colmar 1 qui recouvre la ville même et la commune d’Ingersheim a atteint 63,5% en faveur d’Emmanuel Macron. Celui de Colmar 2 qui comprend une fraction de la ville et une dizaine de communes à l’ouest a obtenu un résultat similaire avec 63,3% des suffrages.   Le reste des cantons haut-rhinois s’est situé entre 59,3% des suffrages à Sainte-Marie-aux-Mines et 53,5% à Cernay.

 L’accentuation du clivage entre les zones urbaines principales et les zones rurales éloignées de ces zones crée un gradient géographique caractéristique. La nouvelle majorité présidentielle domine dans les villes et surtout la plus importante, Strasbourg mais aussi, à un moindre degré, Mulhouse voire Colmar. Les autres villes font également ressortir un surcroit de vote en faveur de Macron. En d’autres termes, le réseau urbain s’impose comme le point d’appui à la fois de l’opposition au FN et de l’acceptation du nouveau mouvement politique central qu’Emmanuel Macron a fait surgir avec « En Marche ». Par contre dans les espaces intermédiaires entre les villes, Marine Le Pen maximise ses résultats. La sociologie joue sa partie mais le sentiment d’exclusion géographique et économique n’est certainement pas absent. Si à Saverne par exemple, au deuxième tour, Marine Le Pen n’obtient que 29,4% des suffrages, dans la commune accolée de Monswiller, elle atteint 32,4% et à six kilomètres de Saverne, à Steinbourg, elle est majoritaire avec 52,2% des voix.

 Sources

  • www.data.gouv.fr

Richard Kleinschmager, 2017

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